Les recommandations du gouvernement belge pendant la pandémie de COVID-19 – garder les fenêtres et les portes grandes ouvertes pendant les cours – partaient d'une bonne intention, mais impliquaient des compromis. Concernant le CO₂, la mesure a fonctionné : les concentrations moyennes dans la plupart des écoles surveillées sont restées inférieures au seuil national de 900 ppm, un résultat difficile à atteindre dans des classes surpeuplées sans ventilation mécanique. Le problème résidait dans tout ce qui pénétrait par ces fenêtres ouvertes, en plus de l'air frais. Les particules fines et les gaz toxiques provenant de la circulation extérieure s'infiltraient directement dans les salles de classe, parfois à des niveaux annulant complètement les gains de CO₂.
Le coût énergétique que personne n'a pris en compte
Ouvrir les fenêtres tout l'hiver est une stratégie de ventilation efficace en attendant les factures de chauffage. Dans les écoles surveillées par Airscan, la température moyenne des salles de classe de certains bâtiments est tombée à 15 °C dès novembre et s'est maintenue à ce niveau jusqu'en avril – un niveau qui affecte la concentration avant même d'affecter le confort. Les directions d'établissement ont signalé une forte augmentation des coûts de chauffage durant cette période, survenant au pire moment compte tenu de la flambée des prix de l'énergie en Europe en 2022.
L'approche la plus judicieuse est basée sur la demande : ventiler lorsque les niveaux de CO₂ l'exigent et fermer les fenêtres dans le cas contraire. C'est le principe qui sous-tend la recommandation de ventilation stratégique d'Airscan : une combinaison de surveillance du CO₂ et de ventilation naturelle contrôlée qui maintient la qualité de l'air intérieur dans les normes sans évacuer continuellement la chaleur du bâtiment.

Qu’est-ce qui explique les différences de qualité de l’air entre les écoles ?
L'analyse des données a révélé quelques tendances constantes. Les jeunes enfants génèrent davantage de particules fines en suspension dans l'air : ils bougent plus, sont plus près du sol et leurs activités sont plus physiques. Les gymnases présentaient des concentrations de particules fines plus élevées que les salles de classe, ce qui est attendu mais mérite d'être quantifié à grande échelle. L'emplacement de l'école s'est également avéré déterminant : les bâtiments situés dans des zones à fort trafic ont connu une qualité de l'air intérieur nettement plus mauvaise lors des périodes de ventilation naturelle, car la pollution extérieure y pénètre directement.
Ces résultats ne sont pas surprenants pris individuellement, mais leur confirmation simultanée dans 35 écoles leur confère une importance accrue. Il en découle que les recommandations ne peuvent être génériques ; elles doivent tenir compte à la fois du groupe d’âge, du type de salle et de la localisation.

Les chiffres de 2022-2023
- Plus de 2 100 enfants à travers la Belgique ont bénéficié du projet
- 35 écoles équipées de réseaux de capteurs de qualité de l'air intérieurs et extérieurs
- 140 appareils livrés et installés
- Plus de 500 recommandations ont été fournies aux enseignants, aux directions d'établissement et aux conseillers en prévention.
- Plus de 10 000 alertes ont été envoyées aux écoles tout au long de l'année scolaire.
- 50 unités de purification d'air installées dans des salles de classe présentant des niveaux élevés de particules fines.

Que nous réserve la suite ?
Pour l'année scolaire 2023-2024, Airscan et Belfius étendront le projet à 35 écoles supplémentaires. Compte tenu des données énergétiques de cette année, la prochaine phase mettra davantage l'accent sur l'efficacité, en recherchant des solutions de ventilation qui maintiennent la qualité de l'air sans les pertes de chaleur qui ont fait exploser les coûts de chauffage l'hiver dernier.