Pendant deux semaines en février, Airscan a mené une campagne de surveillance de la qualité de l'air à Bruxelles, en installant simultanément des capteurs dans huit communes et en enregistrant des mesures toutes les dix minutes. L'objectif était simple : obtenir une image claire et comparable des niveaux de pollution dans les différents quartiers de la capitale, en se concentrant sur les PM2,5, les PM10 et le NO2 – trois polluants dont les seuils sanitaires et les sources sont bien documentés.
Pourquoi la surveillance de la qualité de l'air à l'échelle urbaine est importante
L'OMS a attribué 6,7 millions de décès prématurés dans le monde en 2019 à l'exposition à la pollution. Plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en zone urbaine, un chiffre qui devrait atteindre 681 000 milliards d'ici 2050. Autrement dit, la qualité de l'air dans les villes est de plus en plus celle que la plupart des gens respirent pendant la majeure partie de leur vie. Bruxelles, capitale européenne dense et à fort trafic, constitue une étude de cas pertinente précisément parce qu'elle n'est pas un cas isolé ; elle est représentative des conditions qui règnent dans une grande partie des villes européennes.

Où la pollution était la plus forte – et pourquoi
Les capteurs situés près de la gare centrale, en centre-ville, et à Simonis, dans le quartier de Koekelberg, ont enregistré les niveaux de pollution les plus élevés parmi les huit sites de mesure, suivis par ceux de Bockstael, à Laeken. Sur ces sites, les concentrations moyennes de NO₂ étaient trois fois supérieures aux recommandations de l'OMS en matière de qualité de l'air, avec des pics atteignant 40 ppb. À l'inverse, Watermael-Boitsfort et Etterbeek ont enregistré les concentrations moyennes de NO₂ les plus faibles – environ 3 ppb – avec des pics inférieurs à 25 ppb tout au long de la période de mesure.
L'écart entre les meilleurs et les pires emplacements est considérable et correspond étroitement à la densité du trafic. Les transports sont responsables de 481 TP3 T d'émissions de NO2, ce qui fait du centre-ville et des principaux nœuds de transport des zones critiques prévisibles.
Le schéma quotidien qui apparaissait partout
Malgré les différences de concentration entre les communes, tous les capteurs ont enregistré le même profil temporel : des pics marqués entre 6 h et 9 h, puis entre 16 h et 19 h. La signature du NO₂ liée aux déplacements domicile-travail du matin et du soir est constante et prononcée dans toute la ville. Les PM2,5 et PM10 ont présenté un comportement différent : leurs concentrations sont restées relativement stables tout au long de la journée avant de commencer à augmenter vers 16 h, une tendance qui reflète probablement l’utilisation du chauffage domestique en soirée, conjuguée à la fin du pic de pollution lié aux déplacements domicile-travail.


Ce que la campagne confirme
Les niveaux de pollution à Bruxelles ont diminué ces dernières années, et il convient de le souligner : des efforts soutenus en matière de politiques et d’infrastructures ont permis d’obtenir des résultats significatifs. Cette campagne révèle toutefois que des zones critiques persistent, que leurs sources sont identifiables et que l’écart entre la situation actuelle et les seuils de l’OMS demeure important dans les zones les plus touchées. Un suivi continu permet de visualiser cet écart et d’agir en conséquence, contrairement à une simple estimation statistique issue de contrôles ponctuels.