14 jours de mauvaise qualité de l'air à Bruxelles

Les capteurs Airscan ont enregistré deux semaines de niveaux élevés de PM₂.₅ et de NO₂ à Bruxelles pendant les conditions hivernales. Ces données montrent comment le froid, la circulation et le chauffage contribuent à la dégradation de la qualité de l'air et aux risques pour la santé.

Si vous avez passé du temps à l'extérieur à Bruxelles ces dernières semaines, vous avez peut-être remarqué la combinaison de températures glaciales et d'air hivernal stagnant. Ces conditions ne sont pas seulement inconfortables, elles contribuent également à des niveaux élevés de pollution de l'air qui peuvent affecter la santé et les performances physiques.

Les capteurs de qualité de l'air d'Airscan, placés à proximité de certaines des zones les plus fréquentées de Bruxelles, ont enregistré des concentrations de polluants bien supérieures aux seuils européens dans la ville et ses environs. Par conséquent, l'exercice en plein air et les activités quotidiennes ont pu être plus affectés par la qualité de l'air que beaucoup de gens ne le pensaient.

Les polluants

Cette analyse s'est concentrée sur deux polluants dont on sait qu'ils présentent des risques pour la santé à des concentrations élevées :

  • PM₂.₅ (particules d'un diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres)
  • NO₂ (dioxyde d'azote)

Sur une période de deux semaines, plusieurs jours ont dépassé les valeurs seuils européennes et belges - 10 µg/m³ pour les PM₂.₅ et 10 ppb pour le NO₂. Certains jours, notamment le 12 janvier, les concentrations étaient plus de deux fois supérieures aux limites européennes et belges et jusqu'à quatre fois supérieures aux lignes directrices fixées par l'Organisation mondiale de la santé.

Figure 1 : Concentrations moyennes de PM₂.₅ et de NO₂ par rapport à la température moyenne

Pollution et conditions hivernales

Les données montrent clairement une relation inverse entre la température et les niveaux de pollution : lorsque les températures baissent, les concentrations de polluants augmentent. Cette tendance reflète un comportement saisonnier, dû en grande partie à l'utilisation accrue des véhicules et des systèmes de chauffage résidentiels pendant les périodes les plus froides.

Figure 2 : Nombre de véhicules comparé aux concentrations journalières de NO₂

Pendant la majeure partie de la période de surveillance, les concentrations de NO₂ ont suivi de près les tendances du trafic, soulignant la contribution significative du transport routier à la pollution atmosphérique urbaine. Les concentrations de PM₂.₅, bien qu'également influencées par le trafic, étaient plus fortement associées à des sources résidentielles telles que le chauffage.

Risques pour la santé

En raison de leur petite taille, les particules PM₂.₅ peuvent pénétrer profondément dans le système respiratoire, contribuant à l'asthme, à l'irritation des voies respiratoires, à la réduction de la fonction pulmonaire et à l'augmentation du risque de décès prématuré.

L'exposition à des niveaux élevés de NO₂ peut provoquer une inflammation des bronches et une réduction de la fonction pulmonaire. L'exercice physique dans de telles conditions peut entraîner des symptômes tels que la toux, une gêne respiratoire et une augmentation de la pression artérielle, en particulier lors d'une activité physique intense.

Prévisions et recommandations

Les prévisions météorologiques indiquent l'arrivée de pluies, une augmentation de la vitesse du vent et une légère hausse des températures dans les jours à venir. Ces conditions améliorent généralement la qualité de l'air, car la pluie aide à éliminer les polluants de l'air et le vent les disperse.

Cependant, l'amélioration à long terme dépend de la prévention des pics de pollution. Les actions pratiques qui peuvent contribuer à réduire les émissions sont les suivantes :

  • Le covoiturage, les transports en commun, le vélo ou les véhicules électriques et partagés.
  • Réduire l'utilisation des cheminées domestiques
  • Améliorer l'isolation des habitations pour réduire la demande d'énergie et les émissions

Ces mesures contribuent à assainir l'air et à créer un environnement urbain plus sain pour tous.

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