Niveaux d'ozone à Bruxelles au cours des 10 dernières années

Une analyse décennale des niveaux d'ozone à Bruxelles révèle des pics estivaux récurrents, certains jours approchant ou dépassant les limites fixées par l'OMS. Cet article explore les tendances à long terme, les modèles saisonniers et les mesures pratiques pour réduire l'exposition pendant les périodes de forte concentration d'ozone.

Saviez-vous que l'air que nous respirons peut être à la fois un bouclier et un danger ? Alors que l'ozone présent dans les couches supérieures de l'atmosphère nous protège des rayons nocifs du soleil, l'ozone au niveau du sol peut présenter de graves risques pour la santé. La dernière étude d'Airscan, qui s'étend sur une décennie, révèle des tendances alarmantes dans les niveaux d'ozone à Bruxelles, avec certains jours d'été des concentrations deux fois supérieures à la limite recommandée par l'OMS. Plongez dans nos conclusions pour comprendre l'impact de l'ozone sur votre environnement et découvrez des conseils pratiques pour vous protéger pendant les jours de forte pollution.

Aperçu de l'analyse

L'ozone est un gaz réactif dont l'odeur forte ressemble à celle du chlore. Il peut apparaître en bleu pâle à des concentrations élevées, mais il est généralement invisible en raison de ses faibles concentrations dans l'atmosphère. La teinte bleue de l'ozone provient de la façon dont il absorbe certaines lumières. En été, une concentration élevée d'ozone près du sol peut rendre le ciel légèrement brumeux. Selon l'endroit où il se trouve, l'ozone peut être bon ou mauvais.

Le bon ozone est présent naturellement dans la haute atmosphère de la Terre, à une altitude de 10 à 45 km au-dessus de la surface de la Terre. Cet ozone naturel nous protège des rayons ultraviolets nocifs du soleil.

L'ozone troposphérique, connu sous le nom de mauvais ozone, se forme lorsque les polluants atmosphériques provenant des voitures, des centrales électriques et des usines chimiques réagissent à la lumière du soleil. Ces polluants, ou précurseurs, sont des substances qui conduisent à la formation d'ozone. Ce type de pollution est plus fréquent pendant les mois les plus chauds en raison de l'augmentation de l'ensoleillement. Les principaux précurseurs de l'ozone sont les oxydes d'azote (NOx) et les composés organiques volatils (COV), qui résultent principalement de la combustion de combustibles fossiles dans les transports, du chauffage des bâtiments et de l'utilisation de solvants dans les industries et les ménages.

Pendant l'été, alors que les températures étaient élevées, l'équipe d'Airscan a réalisé une analyse complète de la qualité de l'air dans plusieurs villes et communautés de Belgique, dont Bruxelles. Couvrant une décennie, de 2014 à 2024, cette étude offre des informations cruciales sur les niveaux d'ozone à Bruxelles et souligne l'importance d'une surveillance continue de la santé environnementale.

L'étude a effectué des mesures horaires de l'ozone chaque année au cours de la décennie, en prenant comme référence les seuils de 2021 de l'OMS. Ces seuils fixent les concentrations admissibles à 60 µg/m³ pour les saisons de pointe et une limite maximale de 100 µg/m³ sur 8 heures. L'objectif premier de l'analyse était d'observer les tendances et les changements dans les niveaux d'ozone au fil du temps, plutôt que de se concentrer spécifiquement sur le respect ou le dépassement de ces seuils. La figure 1 représente visuellement les variations annuelles des niveaux d'ozone sur la base de cet ensemble complet de données couvrant une décennie.

Polluants atmosphériques et limites de seuil correspondantes

Cependant, entre 2015 et 2023, il y a eu des jours où les niveaux d'ozone ont dépassé la limite de 100 µg/m³ recommandée par l'OMS pour 2021. Plus précisément, au cours d'années comme 2018 et 2020, ces niveaux étaient deux fois plus élevés que ce seuil.

Concentration moyenne de PM10 (µg/m³) dans cinq villes belges au cours des cinq dernières années

Comme indiqué précédemment, les niveaux d'ozone dépendent directement de l'activité solaire. La figure 2 montre la fréquence annuelle des jours où les concentrations d'ozone ont dépassé les limites sélectionnées, tous survenus pendant les mois d'été, de juin à août. Cette période est marquée par un ensoleillement accru et des températures plus élevées, ce qui entraîne des niveaux d'ozone élevés.

Évolution des concentrations de PM10 sur cinq ans dans cinq villes belges

Recommandations finales

Sur la base des données analysées de 2014 à 2024, les niveaux moyens d'ozone à Bruxelles ne correspondent pas systématiquement au seuil de 2021 de l'OMS, qui est fixé pour une période de 8 heures. Cependant, l'analyse se concentre sur l'observation des changements et des tendances dans les mesures horaires d'ozone chaque année. Certains jours, les niveaux peuvent presque doubler le seuil choisi, sous l'influence du changement climatique et des fortes émissions de précurseurs de l'ozone tels que les NOx et les COV. Cela souligne l'importance de réduire la pollution provenant de diverses sources et d'éduquer le public sur les effets significatifs de la qualité de l'air sur la santé.

Néanmoins, en suivant quelques conseils et recommandations pratiques, vous pouvez minimiser le risque de problèmes de santé causés par des concentrations élevées d'ozone :

  • Évitez les activités extérieures intenses pendant les heures de pointe de l'ozone, qui se situent généralement dans l'après-midi et en début de soirée.
  • Programmer l'exercice en plein air tôt le matin ou tard le soir, lorsque les niveaux d'ozone sont plus faibles.
  • Évitez d'utiliser des poêles à gaz, des poêles à bois ou des bougies, car ils peuvent augmenter les polluants à l'intérieur.
  • Évitez de fumer à l'intérieur, car cela dégrade encore plus la qualité de l'air.
  • Nettoyez régulièrement votre maison pour réduire la poussière et les allergènes.
  • Les jours où les niveaux d'ozone sont élevés, utilisez la climatisation ou des ventilateurs au lieu d'ouvrir les fenêtres pour garder l'air intérieur propre.

Par ailleurs, il n'est pas possible de dégager une tendance commune entre les villes, à l'exception de la baisse des concentrations de PM2,5 en 2020, qui est probablement liée aux fermetures de COVID dans le pays.

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